L’Educative Maximum Loading (EML)
L’Educative Maximum Loading (EML) est une technologie pédagogique innovante basée sur les dernières avancées en neurosciences appliquées à l’enseignement et la formation. Elle ne concerne que les connaissances et méthodes dites biologiquement secondaires pour lesquelles aucun apprentissage direct n’est possible. L’EML est une ingénierie de formation fondée sur une conception scientifique de l’architecture cognitive humaine.
L’EML est une technologie éducative qui s'appuie sur une approche issue de la psychologie des apprentissages, l’instructional design, mais qui utilise également un cadre Bayesien pour comprendre le fonctionnement du cerveau humain et son traitement de l'information.
L'instructional design, également appelé conception pédagogique ou ingénierie pédagogique, est une approche systématique et planifiée de la création de matériel pédagogique et de programmes d'enseignement. Cette approche se base sur les principes de la psychologie des apprentissages et vise à faciliter l'apprentissage en créant des environnements d'apprentissage efficaces. L'instructional design implique plusieurs étapes, telles que l'analyse des besoins, la définition des objectifs d'apprentissage, la conception des activités d'apprentissage, la création du matériel pédagogique et l'évaluation des résultats d'apprentissage.
L'objectif de l'instructional design est de créer des environnements d'apprentissage qui soient efficaces et adaptés aux besoins des apprenants. Pour cela, les concepteurs pédagogiques doivent prendre en compte les caractéristiques des apprenants, les objectifs d'apprentissage, les contenus à enseigner, les méthodes et les technologies à utiliser, ainsi que les contraintes et les ressources disponibles.
Le cadre Bayesien, quant à lui, est un modèle mathématique probabiliste utilisé pour modéliser l'apprentissage humain et la prise de décision. Ce modèle prend en compte les probabilités a priori (probabilités initiales) et a posteriori (probabilités mises à jour) pour modéliser la façon dont les individus acquièrent de nouvelles connaissances en fonction des informations qu'ils reçoivent et des connaissances qu'ils possèdent déjà.
Dans l'EML, la compétence est définie comme une inscription en mémoire à long terme. Les compétences sont stockées sous forme de schémas en mémoire à long terme qui contiennent un ensemble de connaissances déclaratives ou verbalisables organisées sur la base du sens, accompagnée de connaissances procédurales, relatives aux procédures à employer en présence de ces éléments de connaissances. En d'autres termes, les compétences sont des ensembles organisés de connaissances et de procédures qui permettent à un individu de comprendre et de résoudre des problèmes dans un domaine particulier.
L'EML utilise cette compréhension de la compétence pour développer des environnements d'apprentissage qui aident les apprenants à acquérir de nouvelles compétences de manière efficace et efficiente. Les environnements d'apprentissage sont conçus pour être interactifs et adaptatifs, en utilisant des informations sur les compétences des apprenants pour fournir un contenu éducatif personnalisé et ciblé. L'objectif est de permettre aux apprenants de construire des schémas de connaissances solides et durables en mémoire à long terme, en leur fournissant des informations et des activités qui favorisent la compréhension, la rétention et l'utilisation des connaissances.
La mémoire de travail est un concept opératoire central de l’EML. Elle est basée pour partie sur les travaux fondamentaux du courant de la théorie de la charge cognitive et postule que la mémoire de travail est un module fonctionnel reposant sur le module de la mémoire à court terme. Lors d’un apprentissage, les informations devant être stockées en mémoire à long terme passent d’abord par la mémoire à court terme qui a cependant une faible durée et une capacité limitée, qui impacte ainsi en retour la mémoire de travail dans son efficacité lors des apprentissages.
Il est admis que l’apprentissage ou la compréhension de compétences pour lesquelles l’évolution n’a pas doté la physiologie humaine de mécanisme d’apprentissage direct passe par une réorganisation et un traitement d’éléments d’information maintenus actifs en mémoire de travail. Les ressources cognitives humaines sont considérées comme limitées et le transfert des informations actives en mémoire de travail vers la mémoire à long terme requiert des ressources cognitives pour être effectuées.
L’idée centrale de l’EML est donc de dépasser ces limitations. D’une part en permettant, en moyenne, l’accroissement des capacités de la mémoire de travail et d’autre part, en proposant des tâches d’apprentissage qui réduisent l’utilisation des ressources cognitives humaines pour le traitement du matériel pédagogique. L’EML est ainsi une technologie pédagogique innovante qui permet une meilleure efficacité dans l’apprentissage et la formation.
Les 4 phases de l’EML
Projection : Cette première phase a pour but de donner une vision claire de la compétence à maîtriser par l'apprenant. Elle fixe les attentes et le contexte d'application de la compétence. Dans cette phase, le formateur présente les objectifs de la formation et définit les compétences à acquérir par l'apprenant. Il peut également expliquer le contexte dans lequel ces compétences seront appliquées. Cette phase est importante car elle permet de donner un cadre clair à l'apprenant et de l'aider à se concentrer sur l'objectif à atteindre.
Transmission : Cette deuxième phase vise à transmettre aux apprenants de manière formelle l'ensemble des connaissances nécessaires à la maîtrise de la compétence. Elle permet de fournir les informations théoriques nécessaires à l'apprentissage. Dans cette phase, le formateur peut utiliser différentes ressources pour transmettre les connaissances, comme des vidéos, des présentations PowerPoint, des livres, des fiches techniques, des schémas, etc. Cette phase est importante car elle permet à l'apprenant de comprendre les concepts et les théories liés à la compétence qu'il doit acquérir.
Application : La troisième phase est la mise en pratique de la compétence. Elle permet de développer les savoir-faire de l'apprenant de manière contextualisée. C'est ici que l'apprenant apprend à transférer une compétence à une famille d'activités afin de la rendre opérationnelle. Dans cette phase, le formateur peut proposer des exercices pratiques, des simulations, des jeux de rôle, des mises en situation, etc. Cette phase est importante car elle permet à l'apprenant de développer ses compétences pratiques et de les appliquer dans un contexte spécifique.
Évaluation : Dans notre modèle, l'évaluation est toujours formative. Elle a pour unique objectif la régulation de l'apprentissage au travers de la mesure de la charge cognitive ressentie par l'apprenant. Cette phase permet de mesurer la progression de l'apprenant dans l'acquisition de la compétence. Elle permet également au formateur d'ajuster le contenu et le déroulement de la formation en fonction des besoins de l'apprenant. Dans cette phase, le formateur peut proposer des quiz, des évaluations formatives, des auto-évaluations, des feedbacks, etc. Cette phase est importante car elle permet de mesurer les résultats de la formation et d'identifier les points faibles et les points forts de l'apprenant.
Accéder à l’outil en ligne sous GoogleSheet : Outil de scénarisation pédagogique EML