Ce cours présente les concepts principaux des neurosciences appliquées à la formation professionnelle des adultes.
La métacognition
Définition
La métacognition fait référence à la connaissance que quelqu'un possède sur son fonctionnement cognitif et à ses tentatives pour contrôler ce processus (Giasson, 2011, 1990).
L’idée derrière le concept de métacognition n’est pas récente : elle émerge avec la philosophie. Comme l’indique le préfixe grec méta, entendu dans le sens de « ce qui dépasse, englobe », la métacognition renvoie à une capacité de cognition sur sa cognition. Autrement dit, la métacognition consiste à avoir une activité mentale sur ses propres processus mentaux, c'est-à-dire penser au sujet de ses propres pensées. Dans le domaine de la psychologie de l'éducation, le terme désigne la composante du savoir d'un individu qui concerne les processus mêmes du savoir (acquisition, perpétuation, modification), autrement dit : « ce qu'il sait de sa façon de savoir ». De façon plus générale en psychologie cognitive, les processus métacognitifs peuvent concerner des domaines très divers : en mémoire (savoir que l'on sait, qu'on est capable de mémoriser telle ou telle information pendant telle ou telle durée), en perception (être capable de dire si on a bien perçu ou non un stimulus), en résolution de problèmes (choisir l'heuristique la plus appropriée à une situation donnée), etc.
Flavell (1979), reconnu comme celui ayant popularisé le concept, identifie quatre catégories d’objets métacognitifs :
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La métacognition sur les personnes ainsi que le sujet lui-même : “suis-je capable de planter ce clou ?”
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La métacognition sur les stratégies :” quel est le meilleur moyen de planter ce clou ?”
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La métacognition sur les tâches : “comment bien utiliser le marteau pour planter ce clou ?”
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La métacognition sur les interactions entre ces trois objets : “ est-ce que j’ai bien planté ce clou ? “
Si vous désirez en savoir plus sur les origines du concept de la métacognition, vous pouvez vous renseigner sur :
1) les travaux de Vygotsky, dans les années 1930,
2) ceux de Piaget, près de 40 ans plus tard,
3) ceux sur le traitement de l’information dans les années 1970.
Le chercheur Jacques Tardif, spécialiste de l’approche par compétences, a proposé dans les années 2000 une définition désormais admise de la métacognition qui recoupe deux volets :
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la conscience qu’une personne a de ses propres connaissances, de ses processus ainsi que de ses états cognitifs et affectifs. On parlera ici de “monitoring” ou “d’autosurveillance”,
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l’aptitude à gérer et réguler ses connaissances, ses processus de même que ses états cognitifs et affectifs de façon volontaire et délibérée ». On parlera ici de “contrôle” ou “d’autorégulation”.